BOOOOONSOOOOIIIIIR ! Je suis très fière de ce chapitre qui livre enfin quelques clés de réponses au mystère qui entoure l'hospitalisation de Louis. Le chapitre est assez dur, d'où le peu d'images. Les mots suffisent à exprimer la douleur je pense...

 

Chapitre 12 : le jour où tout a basculé

Appartement de Larry, 9h40

-          Je suis rentré !

Pas de réponse. En même temps qu’est-ce que je pouvais attendre d’autre de la part de mon idiot de mari ? Il doit encore être en train de pioncer. Je me suis levé il y a deux heures et j’ai eu le temps de faire un footing, prendre une douche, et aller à mon rendez-vous à la banque.

J’entre dans la chambre et me laisse tomber sur le lit à côté d’Harry qui dort toujours. Je passe ma main sur son front et lui dit :

-          Haz’ faut se lever mon cœur…

Après plusieurs minutes il émet un grognement avant de se tourner vers moi.

-          Il est l’heure de se lever mon amour…

-          Pas envie.

-          Il faut qu’on parle Harry

-          Hmm ?

-          On est ruinés.

Il ouvre un œil et m’interroge du regard. J’ai un peu exagéré pour le coup, mais c’est presque le cas. Il faut vraiment qu’on parle de finances… et d’avenir. Il y a quelque chose qui me tient vraiment à cœur et que je voudrais demander à Harry, mais je ne sais pas comment aborder le sujet avec lui…

-          Lou’ ?

-          Lève-toi, je vais préparer ton petit-déjeuner.

Je me dirige vers la cuisine et sors un verre du placard, le jus d’orange du frigo, et la cocaïne du tiroir. J’ai vraiment honte de ce que mon mari est devenu, mais je sais que c’est en grande partie de ma faute. Harry commence toujours la journée par un rail de coke. J’ai de plus en plus de mal à supporter ça, mais je sais qu’il est encore pire quand il est en manque.

J’embrasse Louis doucement avant de m’installer à la table du petit déjeuner. Je commence par la coke, comme tous les jours. Pour ne pas me voir faire, Louis s’attelle à la préparation de mes tartines. Je sais que je lui fais du mal, mais j’en ai besoin. Atrocement besoin.

-          J’avais rendez-vous à la banque ce matin Harry, dit-il toujours dos à moi, notre compte est presque à sec.

-          Comment ça se fait ?

-          A cause de tes merdes Harry. Tu fais les fête tous les trois jours, tu achètes des drogues de plus en plus sophistiquées et chères…

Sa voix se brise et il s’assoit à table en sanglotant.

-          J’ai plus la force Harry. Je n’arrive plus à supporter ça.

-          Oh Lou’

Je fais le tour de la table et m’agenouille par terre devant mon mari. Je prends ses mains dans les miennes et je lui dis :

-          On va trouver une solution mon cœur. On en trouve toujours une.

-          Ça me pèse de plus en plus Harry.

-          Je sais Louis. J’essaye de faire attention.

-          C’est pas suffisant

Il a dit ces derniers mots d’un ton très cassant et je me recule instantanément. Je sais qu’il souffre, mais moi aussi je souffre de la situation. Il n’est jamais là, il va à l’entraînement tous les jours, a des matchs presque toutes les semaines, et parfois les déplacements de son équipe durent plusieurs semaines. Je ne peux pas tout le temps l’accompagner, et il ne le veut pas toujours. Et ça me fait mal. Ça me fait beaucoup de mal d’être loin de l’homme que j’aime.

-          Mange ton petit-déj, je vais préparer mes affaires, lâche soudain Louis, on en reparlera

Chambre des garçons, 10h

Il faut que je prépare mes affaires pour l’entraînement. Comme tous les jours le foot me permet de m’évader de ce quotidien qui me blesse de plus en plus. J’aime Harry de tout mon cœur et de toute mon âme, mais je déteste la personne qu’il est devenu. Son addiction ne s’améliore absolument pas, et je lui en veux toujours pour le mariage de nos amis il y a quelques semaines de cela. Je m’assois sur le lit, la tête dans mes mains et je fonds en larmes. J’ai à peine exagéré la situation pour faire réagir Harry tout à l’heure. Entre notre loyer, la nourriture, mes voyages à travers le pays et à l’étranger, et surtout la drogue d’Harry, quasiment tout mon salaire y passe. Il va sans dire qu’Harry est absolument incapable de travailler dans son état, et que je suis donc le seul à subvenir à nos besoins. Je sursaute en sentant mon portable vibrer dans ma poche. C’est mon coach, il ne manquait plus que ça.

-          Allô ?

-          Salut Louis, ça va ?

-          Oui oui…

-          Ecoute, exceptionnellement on ne va pas faire d’entraînement aujourd’hui. J’ai rendez-vous avec les recruteurs de l’équipe d’Angleterre.

-          Ok.

-          Louis ? t’es sûr que ça va ?

-          Oui oui. Quelques problèmes de couple c’est tout, tu sais ce que c’est…

-          En effet. Bon courage, profites-en pour passer du temps avec Harry.

S’il savait. Je raccroche au moment où Hazza entre dans la pièce.

-          J’ai pas d’entraînement aujourd’hui. Tu veux qu’on fasse quoi ?

Il hausse les épaules et ne réponds pas. Il s’allonge sur le dos à côté de moi et laisse ses doigts glisser dans mon dos. Je le laisse faire, mais le cœur n’y est pas.

-          Harry je t’ai posé une question.

-          J’ai rien envie de faire.

-          Tu saoules putain, pour une fois qu’on peut passer du temps ensemble !

J’ai haussé le ton en me levant du lit, je suis énervé, et à nouveau au bord des larmes.

Salon, 14h30

Harry a sauté le repas du midi. Par contre la coke d’après repas il l’a bien prise. A mon grand regret. Je suis allongé dans le canapé, Haz’ est assis à l’autre bout, mes jambes sur ses genoux. Il regarde la télé d’un œil distrait tandis que j’ai ma mère au téléphone.

-          C’est compliqué Maman. Je ne peux pas faire défaut à mon club pendant toute une semaine. Et mes prochaines vacances ne sont qu’en Juillet.

-          C’est juste que j’aimerais vous voir plus souvent Harry et toi…

-          Je sais Maman.

Je soupire et je sens encore les larmes me monter aux yeux.

-          Louis ? Qu’est-ce que tu ne me dis pas ?

-          Rien du tout

-          Louis, je te connais par cœur, je sais que tu me caches quelque chose.

-          C’est rien je te dis.

-          Louis !

Le ton insistant de ma mère m’a fait fondre en larmes et je me lève précipitamment pour m’enfermer dans la salle de bain. Je pleure maintenant à chaudes larmes et j’entends que ma mère à l’autre bout du fil est désemparée.

-          Louis dis-moi ce qu’il se passe.

-          Y’a tellement de choses qui se bousculent maman. Tout n’est pas rose avec Hazza, mais on travaille dessus. Mes entraînements me prennent beaucoup de temps et je ne suis pas à la maison autant que je le souhaiterai. J’ai des envies, des projets pour le futur dont je n’arrive pas à parler avec mon mari. Mon coache me met la pression pour la sélection en nationale… Je… Je ne sais plus trop où j’en suis.

-          Louis, respire un grand coup. Je te connais, tu es quelqu’un de rationnel et organisé, et tu vas réussir à gérer cette situation.  Pour tes problèmes de couple avec Harry malheureusement je ne peux pas t’aider, mais sache que tous les couples en passent par-là à un moment donné. Pour ce qui est du foot, c’est la vie dont tu as toujours rêvé, mais tu peux en parler à ton coach si vraiment le rythme te pèse.

-          Merci Maman…

-          Tu parlais de projets d’avenir avec Harry, ça concerne quoi ?

-          Un bébé. Depuis des semaines, même des mois, j’ai des envies d’enfant… Je voudrais vraiment qu’on puisse envisager ça avec Harry. Mais je n’arrive pas à lui en parler.

Salon, 15h30

Louis est revenu dans le salon, mais il s’est complètement fermé, et refuse de parler. Il a passé un très long moment au téléphone avec sa mère, et je sais qu’il est très secoué d’avoir tant pleuré. J’aimerai dire quelque chose mais je ne sais pas du tout quoi dire, ni comment entamer la conversation.

-          Ça va ?

Je regrette cette platitude à peine après l’avoir dit. Louis me fusille du regard.

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J’éteins la télévision et je me tourne vers lui :

-          Tu veux qu’on en parle ?

-          Oui Harry je veux qu’on en parle.

Il se redresse un peu pour me faire face et prend ma main qui était jusqu’alors posée sur son genou.

-          Harry je t’aime de tout mon cœur. Tu le sais n’est-ce pas ?

-          Oui

-          Je t’aime, mais tu m’épuises. Ton addiction m’épuise. On en a déjà parlé, je voudrais que tu suives un traitement.

-          J’ai pas besoin de traitement. Je vais bien.

-          Non Harry. Tu es accro à la drogue. Et je ne peux pas, dans ces conditions, envisager un avenir serein avec toi.

-          Tu veux me quitter ?

Harry a réagi au quart de tour et je suis décontenancé par sa question.

-          Non bien sûr que non.

-          ALORS POURQUOI TU ME DIS CE GENRE DE CHOSES ?

Il s’est levé et mis à hurler sans que je comprenne pourquoi.

-          Harry calmes-toi !

-          NON JE NE ME CALMERAI PAS. ON S’EST MARIES POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE NON ?

-          CA NE VEUT PAS DIRE QUE JE DOIS SUPPORTER DE TE VOIR TE DROGUER A LONGUEUR DE JOURNEE JUSTE SOUS MON NEZ !!

-          TU DEVRAIS PEUT ETRE TE DEMANDER POURQUOI JE LE FAIS !

-          ET POURQUOI DONC ?

-          PARCE QUE TU N’ES JAMAIS LA LOUIS ! LE FOOT PASSE BIEN AVANT TOUT LE RESTE ! ENTRE LES ENTRAINEMENTS ET LES DEPLACEMENTS JE RESTE TOUJOURS SEUL A LA MAISON !

-          PARCE QUE TU N’ES PAS SORTABLE HARRY ! JE NE PEUX PAS REVELER AU MONDE ENTIER QUE TU ES UN JUNKIE !

-          JE. NE. SUIS. PAS. UN. JUNKIE.

Il a détaché chacun de ces mots en se rapprochant de moi et il me regarde maintenant d’un air très mauvais.

-          TU ES UN JUNKIE HARRY ! UN JUNKIE AVEC LES MOYENS CERTES, MAIS UN PUTAIN DE CAME QUAND MEME !

Harry me regarde de plus en plus méchamment et je vois son poing trembler. Avant que je n’ai pu réagir, il m’assène une gifle magistrale et dit d’une voix presque trop posée :

-          NE ME TRAITE PLUS JAMAIS DE JUNKIE.

C’était le geste de trop. J’ai fondu en larmes. De rage et de désespoir. J’attrape ma veste qui traîne sur le dossier du canapé et je m’en vais. En claquant la porte de l’appartement je sais que quelque chose s’est brisé entre Harry et moi. Définitivement. J’espère simplement qu’on arrivera à recoller les morceaux. Mais pour cela je ne connais qu’une seule solution, et elle ne va pas lui plaire…

Dans l’appartement des garçons,  15h45

Je bouillonne de rage contre mon mari. Il a osé me traiter de junkie. Alors que je ne ressemble en rien à ces camés qui traînent les rues, drogués du matin au soir. De rage je balaie les verres qui étaient sur la table basse d’un revers de la main. Je me coupe dans le processus mais je m’en fous. J’ai simplement besoin d’évacuer toute ma rage. Je cogne sur tout ce qui me passe sous la main, je ne m’arrête qu’une fois le cadre contenant notre photo de mariage brisé à mes pieds. Je fonds alors en larmes sans pouvoir m’arrêter.

Dans la rue, 15h55

La rage m’a éclairci les idées et je marche d’un pas décidé vers ma destination. J’ai remonté la capuche de ma veste afin de passer le plus incognito possible. Par contre j’ai laissé mon téléphone à l’appartement. Il faudra donc que j’y retourne une fois la première partie de mon plan achevée.

Je vais voir le dealer d’Harry. Je le connais bien, j’ai souvent accompagné mon mari afin de lui payer sa merde. Je vais le vois aujourd’hui pour lui dire que c’est fini, qu’Harry ne lui achètera plus jamais rien. Je vais forcer mon mari à entrer en cure de désintoxication. Qu’il le veuille ou non. Il n’aura pas d’autre choix que de le faire, par amour pour moi, par respect pour notre histoire. Et j’ai bien prévu de faire intervenir mes parents et les siens pour pouvoir le convaincre.

Appartement des garçons, 17h45

Cela fait deux heures que je suis dans une sorte de transe mêlant drogue, alcool (il y avait des bières au frigo), et colère. Louis n’est pas encore revenu et au fond de moi je commence quelque peu à m’inquiéter. J’ai peur qu’il ne revienne pas. Qu’il m’ait quitté pour de bon.  J’ai été beaucoup trop loin. Je l’ai frappé. Je sais qu’il m’en voudra toujours pour cela. Toujours.  Je me relève, les mains en sang d’avoir trop brisé des objets en verre, et je prends ma veste et mon portable. Avant de sortir de l’appartement je laisse un post-it sur la porte à destination de mon mari.

« Je suis parti acheter ce que tu sais. Je suis désolé. Je t’aime.    – Haz »

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J’enfile ma veste, met la capuche, et me dirige, comme toujours, vers la rue dans laquelle mon dealer officie. J’ai cent livres dans la coque de mon téléphone, ça devrait me suffire pour une petite dose d’une drogue bien dure. J’en ai besoin. J’effectue les deux kilomètres en à peine quinze minutes et je m’aperçois tout de suite que quelque chose cloche. La rue est complètement déserte et les rabatteurs habituels ne sont pas là. Au milieu du trottoir une forme sombre se distingue sur le pavé. Quelque chose, où quelqu’un gît là. Je percute en un quart de secondes en reconnaissant les baskets de mon mari.

-          LOUIS ! PUTAIN !

Je me précipite vers lui et m’agenouille à ses côtés. Il a  le visage complètement défoncé et du sang coule de son nez.

-          Louis est-ce que tu m’entends ?

Pas de réponse.  Je tâte maladroitement son cou pour essayer de trouver un pouls mais je panique tellement que je n’y parviens pas. En larmes et complètement paniqué je sors mon téléphone pour appeler les pompiers. En attendant qu’ils arrivent je me saisis de la main de mon mari et je dis :

-          Louis ne me laisse pas je t’en supplie. Accroche-toi ! J’ai besoin de toi. Je suis désolé, je n’aurais jamais dû te gifler. Je m’en veux terriblement…

Hôpital de Londres, salle d’attente, 20h23

J’ai une sale gueule. L’angoisse et la culpabilité me rongent et je fais les cent pas dans la salle d’attente. Je suis arrivé avec Louis mais les médecins l’ont transporté immédiatement en salle de soins. Je n’ai pas eu le droit de les accompagner. J’ai déjà bu trois cafés, tenté de feuilleter cinq magazines, mais mon esprit en revient inexorablement à mon engueulade avec Louis, et à la gifle que je lui ai donnée.

-          Monsieur Styles ?

-          Oui ? Comment va mon mari ?

Le médecin qui se tient face à moi semble assez fermé quant à cette question.

-          Son état ne s’est pas amélioré du tout. Malgré tous nos efforts il n’a pas repris connaissance.

-          Il va… ?

-          Seul le temps nous le dira. Nous le gardons sous étroite surveillance cette nuit.

-          Je peux le voir ?

-          Non. Il est encore avec les médecins… Vous pourrez le voir demain je pense. Est-ce que vous avez de la famille ? Quelqu’un que vous pourriez appeler pour du soutien ?

-          Je.. euh… Oui.

-          Vous devriez prévenir la famille de votre mari également.

-          Oui. Je vais le faire. Merci.

Après m’avoir jeté un dernier regard inquiet il s’éclipse. Je me laisse tomber sur l’un des fauteuils de la salle d’attente et fonds en larmes. Je me prends la tête dans les mains et pleure à chaudes larmes jusqu’à ne plus avoir de larmes à verser. Je me sens vidé, perdu, seul. Je sors mon portable de ma poche et compose machinalement le numéro de chez mes parents. Lorsque ma mère décroche je ne sais quoi dire et s’en suit un long silence. Elle finit par me dire :

-          Harry ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

-          Est-ce que tu peux venir maman ?

-          Tu es où ?

-          A l’hôpital. Il est arrivé quelque chose à Louis…

-          Oh mon Dieu. C’est grave ?

-          Oui

-          J’arrive.

Elle raccroche précipitamment. Je sais qu’elle en a pour environ une heure et demie de route. Il faut que j’appelle la mère de Louis maintenant. Elle va me détester. C’est de ma faute si son fils est dans cet état-là. Et comment lui annoncer qu’il ne s’en sortira peut-être pas ?

-          Ici Jay, ça va Harry ?

-          Pas vraiment, dis-je entre deux sanglots, il faut que tu viennes Jay.

-          Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

-          C’est Louis…

Je suis incapable de dire quoi que ce soit de plus, mais ma belle-mère insiste pour obtenir des réponses.

-          Il va bien ?

-          …

-          Qu’est-ce qui est arrivé à mon fils Harry ?

-          Il est… à l’hôpital. Je t’en prie Jay, il faut que tu viennes.

-          J’arrive tout de suite !

J’ai senti dans sa voix toute l’inquiétude que cette nouvelle lui a créée.

Salle d’attente de l’hôpital, 22h35

Je me suis jeté dans les bras de ma mère dès qu’elle est arrivée et j’ai pleuré encore une fois de tout mon saoul. J’ai tellement peur pour mon mari. Elle me serre contre elle sans dire un mot, mais je sais qu’elle a des centaines de questions. Et elle commence par une très inattendue :

-          Harry qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu es tout maigre, et ça fait cinq semaines que tu n’as pas donné signe de vie…

-          Je vais bien Maman. C’est Louis qui va mal..

-          Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

-          On s’est disputés, il est parti et… et… je l’ai retrouvé inanimé dans la rue et… et..

Ma phrase est ponctuée de longs sanglots et je ne parviens à finir ce que je voulais dire.

-          Tu as prévenu Jay ?

Je hoche la tête

-          Elle arrive.

Ma mère n’ajoute rien, elle me serre juste contre elle, le temps que Jay nous rejoigne.

Salle d’attente de l’hôpital, 23h17

Je viens de tenter d’expliquer à Jay ce qui s’est passé. Du peu que je sais. Elle m’en veux clairement, et elle a raison. Je sais très bien au fond de moi que si je n’avais pas giflé Louis, il serait parmi nous ce soir, et pas cloué dans un lit d’hôpital. J’ai tellement peur qu’il ne s’en sorte pas. Tellement peur de perdre mon mari, sans avoir eu l’occasion de m’excuser auprès de lui. Je sens mes mains commencer à trembler, je n’ai pas pris de fix depuis environ 10 heures, et je suis en manque. Je dis à ma belle-mère avec toute la sincérité dont je suis capable :

-          C’est entièrement de ma faute Jay. Je m’en veux terriblement, je ne me le pardonnerai jamais.

-          C’est effectivement de ta faute si votre mariage n’est pas heureux. Lousi m’a appellé en larmes tout à l’heure…

-          Je sais.

-          IL VOULAIT AVOIR UN ENFANT AVEC TOI PUTAIN HARRY !

La nouvelle m’a cloué sur place. Je suis bouche bée. Il ne m’en a jamais parlé. Jamais. Si j’avais su… Je le désire aussi terriblement, mais pas dans cet état. Je me lève, avec les jambes tremblantes, et je m’approche de Jay. Je voudrais lui dire encore une fois à quel point je suis désolé, mais elle ne m’en laisse pas le temps et me gifle violemment.

-          S’il ne s’en sort pas je ne te le pardonnerai pas Harry. Quand tu as épousé mon fils, tu as promis de prendre soin de lui, quoiqu’il arrive.

-          Je…

-          Tais-toi !

Je retiens mes mots et continue à écouter Jay m’engueuler copieusement :

-          Louis n’a jamais été heureux dans votre mariage. Il t’aime profondément, et il n’a jamais voulu me dire ce qu’il se passait réellement entre vous, mais je sais qu’il était en souffrance. C’est mon fils, je le connais par cœur, et je sais à quel point il était désolé que votre mariage ne fonctionne pas comme il l’aurait voulu. Et je sais qu’il s’en veut aussi beaucoup d’être souvent absent, de ne pas toujours être là pour toi, d’être pris par le foot. Mais il pensait que toi plus que quiconque le comprendrait. Et l’accepterait. Si vous ne vous étiez pas engueulés, il ne serait pas parti, et vous n’en seriez pas là. Qu’est-ce qu’il faisait dans un quartier aussi mal famé d’ailleurs ? Et comment tu l’as retrouvé ?

-          Euh… Jay…Désolé.

Je la plante sur place et me précipite dans les toilettes où je vomis pendant de longues minutes. Je m’assois ensuite par terre, épuisé et tremblant. Je suis en manque, il me faut absolument une dose de quelque chose où mon corps va me faire défaut. En glissant la main dans ma poche de jean je m’aperçois que j’y ai glissé deux pilules avant de partir. Je me dépêche de les mettre dans ma bouche et je ferme les yeux. Aussitôt le visage de mon mari s’invite devant mes yeux.

original

J’ai tellement peur d’avoir tout gâché. Tellement peur qu’il ne s’en sorte pas. Je l’aime. A en crever.

 

 

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