Chapitre 11 : Une miraculée…

 

Le repas se déroule dans une bonne ambiance. Nous discutons de tout et de rien, nous rigolons beaucoup, Harry en profite pour se rapprocher encore plus de moi.  A la fin du repas, je me décide à aller rendre une petite visite à la compagnie de taxis qui m’avait valu tant de malheur.

-          Je reviens, je vais en face, essayer d’en savoir plus.

-          Tu veux que je vienne avec toi ?, demande Harry

-          Comme tu veux.

-          Je t’accompagne alors.

Il se lève et me suit jusqu’à la sortie du restaurant. Deux gardes du corps nous ont emboîté le pas. Harry m’a pris doucement la main et me regarde en souriant. Je le laisse faire mais je reste méfiante. Je ne veux pas me laisser embobiner après à peine deux jours. C’est trop simple.  Nous traversons la rue ( sur le passage piéton ) en silence. Je suis très attentive à la route, à toutes les voitures qui circulent sur cette artère très fréquentée.

Une fois sur le trottoir d’en face je m’autorise à respirer un grand coup. J’ai un peu peur de ce qu’on va me dire, mais il faut que je sache.  Harry laisse glisser ses doigts sur ma main, il me rassure et me détend. Nous continuons à avancer et entrons au siège de la compagnie de taxis. Il s’agit en fait du rez-de chaussée d’un parking, et des dizaines de voitures sont garées là. Les voitures de la compagnie. Toute les mêmes. Exactement les mêmes que celle de mon accident. Je laisse glisser mes doigts sur le capot de celle à côté de moi. Je me sens mal à l’aise, très mal à l’aise même.

Harry enroule alors son bras autour de ma taille et me pousse à continuer à avancer. Nous avançons jusqu’à un petit bureau derrière lequel un employé s’affaire sur un ancien ordinateur.  Il lève la tête en nous voyant arriver.

-          Vous voulez quoi ?, dit-il d’un air revêche

-          Des renseignements !

-          Sur quoi ?

-          Je voudrais savoir si vous avez des informations sur le taxi de votre compagnie qui a eu un accident il y a trois jours, dis-je d’une voix assurée

-          En quoi ça vous regarde ?, nous répond l’employé, énervé

-          J’étais dans ce taxi !!!, dis-je en élevant la voix

-          Oh. Restez-ici je vais chercher mon supérieur

L’employé s’éclipse par une petite porte et nous laisse plantés là.

-          Quel connard ce type !, dis-je en serrant les poings

Harry prend mes mains dans les siennes et tente de me calmer. Le contact de ses mains chaudes sur ma peau m’apaise et me calme un peu. Il finit par m’embrasser tendrement sur le front. C’est trop mignon ! On est trop mignons. Quoi ? Nan nan nan on n’est pas mignons. Je deviens folle.

Un petit homme enrobé arrive alors par la porte par laquelle l’employé était sorti.

-          Bonjour Monsieur, Madame, je m’appelle Jack et je suis le directeur de la compagnie de taxis

-          Enchantée

Je lui tends la main, il me la serre chaleureusement, et il serre aussi la main à Harry.

-          Je vous en prie asseyez-vous, dit le petit homme

-          Merci

Harry tire les deux chaises posées dans un coin et les place face au bureau. Le directeur a pris la place de son employé.

-          Tout d’abord je tenais à vous présenter sincèrement mes excuses pour votre accident

-          Merci

-          J’espère que vous n’avez pas été trop sérieusement blessée

-          A part le mental, je vais bien. Par contre j’aimerai savoir comment une telle chose a pu arriver.

-          Comment ça ?

-          Le chauffeur roulait à près de 150 kilomètre-heure, en ville.

-          Je ne savais pas. Nous vérifions le sérieux de nos chauffeurs, mais nous ne pouvons pas garantir à tous les coups qu’ils  sont sérieux sur la route. C’est la première fois que ça nous arrive un tel accident.

-          J’espère que ça sera la dernière, intervient Harry, vous ne vous imaginez pas à quel point elle va encore souffrir dans les mois à venir

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-          Je conçois bien.

-          Vous proposez quoi pour ne pas qu’on vous colle un procès ?, dit Harry

-          Harry ! C’est bon !, dis-je

-          Vous proposez quoi ?, reprend Harry en m’ignorant

-          Je pensais à un chèque assez conséquent. Ça compensera jamais assez le préjudice mais c’est déjà bien non ?, dit le petit homme à Harry

-          Combien ?

-          Harry ça me gêne, s’il-te-plaît arrête, suppliais-je

-          50 000 dollars, dit l’homme

-          100 000 et on ne dit rien à personne sur cet accident

-          Ok. 100 000 dollars.

Le directeur sort du tiroir de son bureau un chéquier et le remplit consciencieusement. J’en profite pour fusiller Harry du regard. Réclamer de l’argent ne me serait jamais venu à l’esprit. Le directeur confie le chèque à Harry puis il nous salue et repart par la petite porte.

-          T’es complètement malade Harry ! T’écoutes pas quand on te parle !, dis-je en hurlant à moitié

-          Ce qu’il a fait c’est la moindre des choses.

-          Harry, je voulais juste comprendre…

-          T’as compris, et en plus t’as un gros chèque.

-          T’es incorrigible !

Je lui fous un léger coup de poing sur le bras, je tourne les talons et sors du bâtiment. Au moment de traverser la route je regarde à peine où je vais et évite, de peu, l’accident. J’entends un homme hurler derrière moi mais je ne m’arrête qu’une fois arrivée devant le restaurant. Aussitôt je sens des bras m’attraper par la taille et une tête s’enfouir dans mon cou.