Chapitre 9 : Rapprochements…

 

Harry et moi nous dirigeons vers l’ascenseur.  Je suis anxieuse mais je ne le montre pas. Ou tout du moins j’essaye de ne pas le montrer.  Je ne comprends pas pourquoi je ne me souviens de rien ici. Je commence à avoir mal à la tête à force de tenter de me souvenir, ne serait-ce que d’un visage. 

L’ascenseur est là. Si je monte dedans je ne pourrais plus reculer. Mais j’ai besoin de voir cet homme à cause de qui tout est arrivé. Je prends la main d’Harry dans la mienne et nous entrons dans l’ascenseur. Harry n’a pas prononcé un mot mais sa seule présence me rassure. Après tout que m’importe de revivre mentalement mon séjour à l’hôpital ? J’en suis sortie et tant mieux.

Je n’ai pas le temps de développer cette idée dans ma tête : nous sommes arrivés. Quatrième étage. Les chambres paires sont dans le couloir de droite. Harry qui me précède de quelques centimètres s’engage dans le couloir et m’entraîne avec lui. Il tourne vivement la tête à droite et à gauche pour regarder les numéros des chambres. Il s’arrête soudain. Chambre 28. C’est là. Je sens mon cœur battre à mille à l’heure. Heureusement, il y a une immense fenêtre qui donne sur la chambre, je ne serais donc pas obligée de rentrer. Avec mille précautions je me retourne vers cette fenêtre et regarde l’intérieur de la chambre.

Un homme est allongé sur le lit, intubé de partout, entouré d’une batterie d’appareils en tout genre. Vu d’ici il à l’air d’être simplement endormi. Lorsque mes yeux se posent sur son visage mon esprit me rejoue la scène en accéléré, s’attachant à des détails biens précis : l’attitude du chauffeur, la vitesse, son désintérêt total de la route… Les larmes roulent sur mes joues sans que je puisse y faire quoi que ce soit.

-          Il roulait trop vite… Beaucoup trop vite… On n’aurait jamais dû avoir cet accident s’il avait roulé normalement…

Les larmes roulent de plus en plus vite. J’ai l’impression que je ne vais plus jamais m’arrêter de pleurer. Je suis en train d’évacuer tout le stress et toutes les angoisses que j’ai accumulés depuis mon réveil hier matin dans le lit d’Harry. Le jeune homme, comprenant mon état me prend dans ses bras et me serre contre lui. Là, dans ses bras je me sens rassurée et je cesse petit à petit de pleurer.  Je sais que sous sa protection je ne risque rien.

Une fois que je suis complètement calmée Harry s’écarte un peu de moi et me regarde droit dans les yeux.

-          Ça va ?

-          Ça va aller maintenant. Je voudrais qu’on redescende et qu’on passe à la compagnie de taxis et à mon hôtel. S’il-te-plaît.

-          Oui. On redescend.

Alors que nous nous dirigeons vers l’ascenseur Harry interpelle une infirmière :

-          Madame s’il-vous-plaît ! Est-ce que vous pourriez me prévenir s’il y a du changement dans l’état du patient de la chambre 28 ? Ma petite-amie était dans la même voiture que lui au moment de l’accident….

-          Bien sûr Monsieur

Harry lui tend une carte de visite puis nous reprenons le chemin pour aller prendre l’ascenseur. Une fois à l’intérieur je dis à Harry :

-          D’où tu m’appelles comme ça ?!? Je ne suis pas ta petite amie !

-          Je me voyais mal expliquer à l’infirmière qu’on avait juste couché ensemble …

-          Pff t’es con Harry, dis-je en souriant

Pour toute réponse il se penche et dépose un léger baiser sur mes lèvres. Oh mon Dieu ! J’ai des papillons dans le ventre. C’est tellement agréable. Et tellement court. Harry m’a lâché juste avant que nous arrivions au niveau de l’accueil. Alors que nous nous apprêtons à sortir l’infirmière de l’accueil nous interpelle :

-          Attendez ! J’ai l’adresse que vous avez demandée au Dr. Smith !

Harry s’empare du papier, remercie la jeune femme et m’entraîne dehors, en posant sa main dans le bas de mon dos.  Nous nous dirigeons rapidement vers le bus, garé dans une rue adjacente. Je repère un garde du corps qui nous suit, de très très près. Je ne sais pas s’il a peur que des gens autour de nous agressent Harry ou plutôt que moi j’agresse Harry. Il ne m’inspire pas confiance.  Je presse le pas et incite Harry à avancer plus vite aussi. Ici, dehors, je me sens vulnérable, exposée au danger.

En arrivant devant le bus je laisse Harry monter par l’avant et négocier avec le chauffeur notre prochaine destination. Je monte par la porte au milieu et vais directement m’installer avec les garçons.

-          Ça va ?, demande Louis

-          Ouais ça va… Je me sens mieux. Je suis prête à affronter tout le reste maintenant. Le plus dur est passé…

-          On est content pour toi !, dit Liam

-          Ouais !, ajoute Zayn

-          On peut aller manger ?, dit Niall

Je regarde les garçons et explose de rire. Cette question est tellement incongrue… Mais elle fait du bien. Elle me rappelle que la vie, la vraie vie, continue malgré mon accident, malgré tout le reste.

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-          Oui Niall on va aller manger, dit Harry qui arrive à ce moment-là, et après on a encore deux endroits à voir dans l’après-midi. Cécile tu peux te décaler un peu que je puisse m’asseoir ?

-          Nan je peux pas Harry ! D’abord tu t’excuses d’avoir considéré un peu vite que j’étais ta petite amie et après je pourrais me décaler.

-          Je m’excuse. Mais tu as adoré la nuit qu’on a passé ensemble. Et tu adores quand je t’embrasse.

-          Comment tu peux le savoir ?

Harry réfléchit quelques instants et me laisse donc le loisir d’observer les quatre autres garçons. Ils écoutent, partagés entre étonnement et amusement. Apparemment aucun d’entre eux n’était au courant pour les quelques baisers volés que j’avais échangé avec Harry.  Louis avait dû leur raconter pour ce matin.

-          Tu fermes les yeux, tu te colles à moi, tu passes ta main derrière ma nuque, tu…

-          Stop ! Tu dis un mot de plus je me casse et je me demerde toute seule…

-          Je me tais alors…, Harry rigole

Je me décale un peu et le laisse s’assoir à côté de moi.  Je suis assise entre lui et Louis. Plus loin, Liam et Zayn pianotent sur leurs portables respectifs, Niall somnole en pensant sûrement au bon repas qu’il va engloutir. Louis et Harry discutent, mais je ne prête que peu d’attention à leurs propos. Je réfléchis. Cela me plairait bien d’être la petite amie d’Harry.  Mais je ne suis ni la première ni la dernière fan qu’il met comme ça dans son lit. Et pourtant j’aimerai être la seule. J’aimerai qu’Harry puisse m’appeler officiellement sa petite amie. Pas seulement aujourd’hui. Tous les jours. Mais c’est impossible.  Je suis en train de m’imaginer des choses impossibles. Harry et moi ne sortirons jamais ensemble. Et pourtant j’en rêvais déjà étant en France…